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une brève de Christian Combemale qui nous résume l'histoire de Meyrueis

8 Septembre 2012, 05:55am

Publié par Fontdayres

RESUME

de

L' HISTOIRE DE MEYRUEIS

par

COMBEMALE        CHRISTIAN


C'est à grands traits, en déroulant sous vos yeux quelques faits isolés, que je vais résumer l'histoire de Meyraeis; dont j'observerai l'ordre chronologique:

Avant l'ère chrétienne

La ville de Meyraeis est heureuse de pouvoir fournir aux amateurs d'archéologie quelques extraits d'un volume déposé en mairie « le Talamus « écrit en 1619 et 1622 et contenant, au sujet de notre petite cité, des détail bien intéressants; dont j'en conserverai le style.

Nos ancêtre^nous ont laissé par tradition que la ville de Meyraeis prenait l'origine de dénomination du nom de Marius, lequel étant sorti de basse extraction, après qu'il eut quitté la vie rustique qu'il avait menée pendant plusieurs années au village de Cincinati, loin des délices des villes, qu'il eut donné tant de preuves de sa valeur et de sa force au peuple Romain, en l'accusation des poursuites qu'il faisait contre Metellus en la Numidie, il fut fait Consul. Et après, par la crainte que le dit peuple Romain avait des Cimbres et des Teutons, on lui déféra cinq Consulats, et étant en fait pour la sixième fois Consul, il vainquit les Cimbres en Gaule en l'an 640 après Rome bâtie, en la ville dite anciennement Aquoe Sextoe, maintenant Aix-en-Provence, et les Teutons en Italie et triompha de cela. En faisant son séjour en Gaule Narbonnaise, il y fit plusieurs belles villes, édifices et réparations, entre autre Aiguës-Mortes, ville anciennement appelée Marianoe Fossoe, prenant son nom de celui-ci, comme aussi les Maries et la Camargue prend son nom de Caïus Marius...

Donc, Caïs Marius étant possesseur et maître de plusieurs terres de Gaule Narbonnaise, où il avait beaucoup de commodités, et ayant encore inclination de faire nourrir de bétail qui avait été son premier service, il fit avec grande dépense, travail et peine, faire,.çette œuvre incroyable des « Fosses mariannes et Camargue » ayant donné au fleuve du Rhône, pour la beauté et bonté de cette terre, où il faisait nourrir un grand nombre de bétail. Et d'autant qu'il lui fallait envoyer tous les étés ses valets, ses bergers, avec son bétail aux montagnes, principalement aux montagnes de ce pays, pour la santé de ses valets et bergers.

Et au tour de sa maison qu'il avait en ce quartier pour la conduite de ses affaires, il y fit bâtir, sur le rocher du château de Meyraeis, et le bâtiment et le lieu fut alors appelé de son nom de Marius, que les siècles suivants changèrent en Marais, Maurois, Mairoys, Merveix et après le dit nom encore change en Meyraeis. Les tombeaux et les urnes pleines encore de cendre, les couvercles de bronze, chandeliers à trois pieds tournoyant, figures d'un Mercure, les médailles et autres antiquités qui se sont trouvées dans les dits tombeaux, nous montrent qu'il y a de l'apparence que les Romains ont occupé longtemps ces quartiers.

Et le nourrissage des vastes devois et grands pacages qu'il y a et la nécessité que le bétail du Languedoc a de venir chaque été en ce pays, nous oblige à porter en quelque façon croyance que la sus dite tradition de nos pères et aïeux est véritable, puisqu'il n'est pas révoqué en doute que Caïus Marius n'ait longtemps occupé la Gaule Narbonnaise et joui de la Camargue et y eut de bétail en abondance.

Est-ce là l'origine de Meyraeis ? Ou bien faut-il trouver dans ce nom de ville l'étymologie suivante: Médùs rivis, par suite de la topographie des lieux ? Il est difficile de se prononcer. Mais ce qu'il y a de certain, c'est que la fondation de Meyraeis remonte très loin. Malheureusement les documents manquent pour établir d'une façon précise l'histoire locale.


LE MOYEN AGE

En 534, Meyrueis faisait partie du pays d'Arsat ou Larsat que conservèrent les Wisigoths, lorsque après la guerre de Bourgogne, le royaume fut partagé entre tous les princes Français et que Théodebert obtint le Vivarais. Le pays d'Arsat faisait partie du Rouergue et comprenait quinze paroisses de cette région, situées sur les frontières du Rouergue vers le Gévaudan et le diocèse d'Alais ou l'ancien diocèse de Nimes. Sous les Mérovingiens, le Gévaudan fut gouverné par les comtes et divisé en districts appelés « Vigueries «. Chaque Viguerie était administrée par un viguier, sorte d'intendant du Comte-Gouverneur. La viguerie de Meyrueis est antérieure à 767. En 1034, la paroisse de Saint Pierre de Meyrueis fut donnée à l'abbaye de Saint Guillen-du-Désert, par Bermond, frère de Guillaume, comte de Carcassonne, il tenait cette paroisse de la maison de son père, Bernard d'Anduze. En 1054, une partie du château de Meyrueis, ancienne baronnie du diocèse de Nimes appartenait à Pierre Bermond, cousin de Bernard de Sauve.

La donation de Saint-Pierre-de-Meyrueis fut confirmée en 1074, par Pierre, fils de Bermont de Sauve et d'Astorge. L'abbaye d'Aniane acquit, en 1075, différents bienjdu Gévaudan et un lieu appelé, Entraygue, situé au confluent de la rivière de la Jonte et du Tarn, où divers seigneurs du pays fondèrent le prieuré du Rozier. En 1165, Guillaume Odemais, poète vulgaire, était natif du château de Meyrueis et fils d'un pauvre chevalier, mais ne pouvant soutenir son rang, il se fit jongleur et fût beaucoup goûté par le peuple.

En 1239, Hugues, comte de Rodez, fils de Henri, épousa Isabeau de Roquefeuil, fille ainée de Raymond d'Anduze, seigneur de Roquefeuil, qui lui apportait en dot, entre autre terre, la ville de Meyrueis. En 1243 Pierre Bermond, seigneur d'Anduze, fit la paix avec le roi qui lui avait confisqué ses châteaux et ses terres: Le roi lui en rendit la possession moyennant une rente annuelle de 600 livres et le droit de chevauchée; de plus, le château de Meyrueis et la liberté de faire détruire tout ce qu'il jugerait à propos du château de Roquedur, avec défense à Pierre Bermond d'élever aucune fortification sans sa permission, et d'entrer, lui et ses héritiers, dans les château ou villes d'Alais, Anduze, Sauve et Saumières.

En 1268, Henri, fils de Hugues, comte de Rodez et d'Isabeau de Roquefeuil, jouissait de la baronnie de Meyrueis. En 1401, Gérard d'Armagnac avait été pris par les gens du roi et conduit dans les prisons de Carcassonne; Bernard, comte d'Armagnac, requiert le sénéchal de Beaucaire de le mettre en possession du lieu de Meyrueis. En 1418, sous Charles VII, Marvéjols, Meyrueis et Bagnol furent pris aux Bourguignons par les troupes royales, sous le prince d'Orange. En 1419, le château de Fourques se soumit aux Bourguignons; les villes de Meyrueis, Bagnols et Marvéjols, qui avaient embrassé d'abord le parti du duc de Bourgogne, se mirent, quelque temps après , sous l'obéissance du Dauphin.


LES TEMPS MODERNES

En 1563, fin mai, les villes de Marvéjols, Florac, Ispagnac, Nimes, Montpellier, Anduze, Alais, Saint-Jean-de-Gardonnenche, Meyrueis et Millau, étaient alliées pour assiéger Mende. En 1578, le 2 août, le seigneur de Pourcares, gentilhomme de la Chambre du roi Henri IV, fut nommé capitaine de Meyrueis. En 1579, après la prise de la ville de Mende par le capitaine Mathieu de Merle, le métal des cloches fut porté à Millau, Meyrueis et autres villes hérétiques, pour en faire des canons. Vers 1590, la ville de Meyrueis faisait encore partie du Gévaudan; elle en fut séparée pour être rattachée à la sénéchaussée de Nimes. En 1600, le sieur d'Ayres de Meyrueis, chef protestant, détruisit le couvent de la Canourgue, qui appartenait à l'ordre de Saint-Benoit-d'Aniane.

En 1602, aux États de Mende, Pierre Douzil, seigneur de Meyrueis, représente la ville. En 1628, le duc de Rohan mit le siège sur le château de Meyrueis; il le fit capituler au* bout de trois semaines. Cent trente soldats eurent la liberté d'en sortir. En 1652, le 6 janvier, Meyrueis prit une délibération pour protester de la fidélité à la cause royale.

En 1668, on fit construire, dans les hautes et basses Cévennes, vingt-deux chemins royaux. Le réseau principal, celui du massif Cévenol proprement dit, atteignait Meyrueis, Villefort et la vallée du Chassézac. En 1693, création du diocèse d'Alais, enlevé au diocèse de Nimes et comprenant sept archiprêtrés: Alais, Anduze, La Salle, Sumène, Le Vigan, Saint-Hippolyte et Meyrueis. En 1697, furent données les arrnoiries de Meyrueis: « d'azur à un M. d'argent, supporté par un lion d'or lampassé de gueules » . Sur la fin de mai 1703, M. le maréchal de Montrevel fut à Meyrueis, ayant 800 hommes à sa suite, y séjourna un jour et s'en retourna par le même chemin, celui du Vigan, quoiqu'il est voulu aller à Florac.

En partant de Meyrueis il témoigna être content de la conduite des habitants, mais non du curé, ni du maire, ni des consuls, quoique M. Delacroix, médecin et consul, l'ai reçu, complimenté et adressé un discours agréable. En 1728, après les troubles, il y avait à Meyrueis deux compagnies de Cordes. En 1728, Jean Cayroche était titulaire de la cure de Saint-Pierre-des-Tripiers, près de Meyrueis. En 1774, les diverses localités qui faisaient partie de la baronnie de Meyrueis, étaient: Le mas de Lafont, Capelan, Les Oubrets, Saint-Sauveur, Le Pouget, Peyrelergues, Bonheur, Sirgas, Le mas de la Caze, Les Vignes, Le Bruel, Camprieu, Cazenove, Le Viala, Saint-Préjet-du-Tarn, La Bourgarie, La Borie, Vieilleville (aujourd'hui disparue) La Retournade, Pradines, Luc, Pauperelle et Nabrigas. En 1789, le 21 janvier, les représentants administrateurs du district de Meyrueis étaient: de Bédos, Mézin, Monestier, Duclaux, Brudy. En 1789, le 11 mars rédaction du cahier de doléances de la ville et baronnie de Meyrueis.

La communauté de Meyrueis, privée de routes, et payant beaucoup, était l'entrepôt des mulets du Languedoc, faisait le commerce des laines et l'exportation des grains. En 1789, Meyrueis comptait dans ses murs douze Chevaliers de Saint-Louis, des avocats, des officiers et une bourgeoisie nombreuse.


STAUTUTS et COUTUMES ANCIENS

Meyrueis possède la copie d'un document datant de 1229, dans lequel sont relatés les statuts et coutumes anciens de Meyrueis, du temps des seigneurs-conteurs; il semble intéressant, je pense , d'en transcrire quelques extraits:

Les conteurs ne doivent avoir sur les habitants du château de Meyrueis aucune puissance et mandement, de leur faire garde et sentinelle, ni sur eux imposer tailles et collectes. Si quelqu'un ou quelqu'une du dit château a été battu ou tué par quelque étranger, le dit étranger ne doit entrer dans le château, et s'il y entre, que l'injurié ou les amis de celui-ci le punissent suivant leur volonté, sans exception. Et la Cour ni les seigneurs ne peuvent s'entremettre, car il est mis à la discrétion de l'injurié ou de ses amis. Si avec le poing, la main ou autrement, fait sortir sang à un autre, qu'il paie sept sols; et si avec armes, cinquante, il faut entendre les dites armes, savoir de bois, de pierre et généralement tout ferrement. Si quelqu'un jure et blasphème Dieu et les Saints, qu'il soit jeté dans la boue, ou dans l'eau, ou paie pour peine l'amende de douze deniers au viguier et par conséquent au seigneur du viguier. Que au jour du dimanche on ne vende point de chair dehors la maison, ni aucune autre chose jusqu'à ce que la grand messe sera dite. Et, si quelqu'un fait le contraire, que les choses vendues soient concédées au premier occupant et que les contrevenants soient jetés hors église.

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COINEL Marie Hélène 13/03/2013 17:54


Monsieur COMBEMALE,


Nous avons une maison à Pourcares et je souhaite avoir des renseignements concernant le village à l'époque de la révolution française (1789). J'ai lu vos recherches sur Meyrueis et je suis très
intéressée de savoir s'il y a des faits d'histoire pour Pourcares. Nous habitons la maison où il y avait l'école des mines à l'entrée de Pourcarès. Merci de me contacter si vous avez des
informations ou pas. A bientôt j'espère.


Marie Hélène COINEL