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Jeudi 9 février 2012 4 09 /02 /Fév /2012 18:16

 

ATTENTAT

contre

LE PRESIDENT de la REPUBLIQUE

par UN MEYRUEISIEN

14 juillet 19Q7

RECHERCHE: COMBEMALE Christian

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 ATTENTAT CONTRE LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE

Le 14 juillet 1907, le jour de la fête nationale, alors que M. Fallières, retour de la revue, approchait de l'Élysée, sans que sur le parcours du cortège, le moindre incident se fût produit, vers le milieu de l'avenue Marigny, deux coups de feu retentirent soudain, à quelques pas du landau présidentiel.

Du trottoir longeant le parc de l'Élysée, un homme venait de tirer dans la direction du Président de la République.

Une émotion violente s'empara de la foule massée là et qui acclamait M. Fallières. Pris de terreur, une partie des assistants s'enfuirent affolés, tandis que d'autres personnes, plusieurs officiers et des gardiens de la paix, se précipitèrent vers la voiture du Président M. Fallières, qui n'avait pas été touché, souriant, quoique légèrement ému, rassura d'un geste son entourage, et le cortège poursuivit sa route, cependant que des gardiens de la paix et des inspecteurs de la sûreté se précipitaient et arrêtaient l'auteur de l'attentat qui, son coup fait, n'avait pas essayé de fuir.

Celui-ci, un homme de quarante ans environ, vêtu assez pauvrement d'un complet veston noir, et coiffé d'un chapeau melon de même couleur, se tenait stupide, sur le bord du trottoir, tenant encore à la main le révolver avec lequel il avait fait feu.

Les gardiens l'appréhendèrent sans qu'il leur opposât la moindre résistance, et le conduisirent, tout en le protégeant contre la fureur de la foule, qui voulait le lyncher, au commissariat de police de la rue d'Anjou, ou M. Leproust, commissaire, essaya de l'interroger.

Mais le meurtrier refusa énergiquement de répondre au magistrat. C'est une affaire avec l'État, répliqua-t-il; je n'ai pas à vous l'expliquer. Seul le juge d'instruction connaîtra les motifs qui ont provoqué mon acte.

M. Leproust le fit alors fouiller, dans l'espoir de trouver quelques papiers qui permettraient d'établir son identité. Mais les poches du meurtrier ne contenaient qu'un bulletin de consigne de la gare Saint Lazare. Un agent se rendit aussitôt à la consigne, porteur du bulletin et en revenait quelque temps après avec une malle: la malle de l'individu . Parmi les quelques effets qu'elle contenait, le magistrat découvrit des papiers, dont il résultait que le prisonnier s'appelait Léon-Louis MAILLE, né le 28 juin 1866 à MEYRUEIS, dans le département de la Lozère, ancien matelot de l'État, canonnier breveté de première classe de 1887 à 1903. Son port d'attache fut longtemps Marseille, et les certificats de ses anciens chefs sont excellents. En 1903, après avoir quitté le service militaire pour rentrer dans la marine marchande, il fit plusieurs croisières, dont une dans les mers de Chine, en qualité de deuxième maître, puis fut débarqué pour cause de maladie. Il appartenait à ce moment là à la Compagnie des Messageries Maritimes.

L'arme dont s'était servi Maillé était un petit révolver du calibre de 5 millimètres. Au moment de son arrestation le révolver contenait encore quatre balles. Au magistrat qui l'interrogeait sur les mobiles qui l'avaient poussé à commettre cet acte inqualifiable, l'inculpé se borna à déclarer.

Je n'ai pas eu l'intention de tuer, ni même de blesser M. Fallières. J'ai voulu attirer l'attention sur moi. Je suis victime d'une injustice ... On n'a pas voulu reconnaître des droits incontestables que je faisais valoir devant les tribunaux. J'ai fait un coup d'éclat.

Maillé dit tout cela d'une voix ferme et sans se départir du plus grand calme.

L'impression qui se dégage de cet interrogatoire et de ces réponses est fort nette. On ne se trouve pas en présence d'un anarchiste, comme Luccheni ou Caserio, monomanes du régicide, mais bien plutôt d'un détraqué, d'un malade aigri par de prétendues injustices du sort et désireux d'attirer l'attention sur lui par un coup d'éclat. '

Il n'importe: le métier de chef d'État est et restera, longtemps encore, un métier dangereux. Félicitons à notre tour M. Fallières d'avoir échappé à cet attentat et souhaitons-lui le même bonheur dans l'avenir. '

Extrait de l'Almanach Normand-Percheron de 1908

 

 

Par Fontdayres - Publié dans : fontdayres
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